grec


Définition du libéralisme

Le libéralisme, qui tire son origine des réformes protestantes (1), est une doctrine politique propre à la politique moderne. Car il ne peut qu'évoluer au sein d'une démocratie. 

Pendant les trois derniers siècles, le libéralisme a été au centre des politiques occidentales. Cependant. les idées politiques qualifiées libérales sont très variées. Il demeure toutefois quelques principes de base à toute pensée libérale. 

Les droits fondamentaux

Ces droits fondamentaux sont une caractéristique typique du libéralisme. Ronald Dworkin les décrit  comme " … des atouts placés dans les mains des individus "(2). Ces droits sont donc inviolables peu importe les circonstances.  

En fait, le libéralisme prétend qu'à l'intérieur d'une société démocratique, la principale source d'injustice provient de la tyrannie de la majorité. Comme vous le savez certainement, le désir de la majorité peut oppresser les minorités. C'est pour cela que les individus doivent posséder des droits constitutionnels qui leur assurent une certaine liberté et dignité.

Contrairement à l'utilitarisme ou même le communisme, le libéralisme assure prioritairement une qualité de vie minimale à tous les individus. John Rawls et bien d'autres prétendent qu'un individu accepte beaucoup plus facilement un ordre social qui lui assure un minimun de liberté et d'autonmie(3). Exemple, le libéralisme s'oppose à l'esclavage, car personne veut être un esclave.


L'égalité des chances  

La valeur d'égalité  occupe certainement la plus haute marche de l'hiérarchie des valeurs libérales. En fait, c'est par respect de cette valeur que les libéraux prônent la redistribution égalitaire des richesses via les services sociales financées par les impôts.

La redistribution égalitaire des richesses possède beaucoup d'ambiguïté au sein des penseurs libéraux. Ces derniers ne s'attendrent pas toujours sur ce que c'est une bonne redistribution des richesses. Les libéraux rawlsiens font intervenir l'État dans la restitution des inégalités naturelles. Nous ne naissons pas tous avec les mêmes chances. Certains naissent à l'intérieur de famille riche d'autres trainerons un handicape toute leur vie. Le libéralisme tente donc d'offir une égalité des chances dans un monde naturellement injuste.

L'égalité des chances ne se contente pas seulement d'offir les richesses minimales aux individus défavorisées par la vie. Il offre la possibilité à tous les citoyens " … façonner son existence librement et sa guise. "(4) Cela dit, le libéralisme fait la distinction entre choix et circonstance. Si un individu est désavantagé par les circonstnces de sa vie, l'État doit lui venir en aide. Ce n'est toutefois pas le rôle de l'État de venir en aide à un individu désavantagé par des choix de vie.  


L'autonomie morale des individus

La tolérance des différents choix de vie est un autre principe majeur au libéralisme. En fait, le libéralisme s'oppose à toute action politique favorisant un mode de vie particulier plutôt qu'un autre. Ce n'est pas du rôle du gouvernement de déterminer ce qui est un bon mode de vie. Cela est du droit de tous citoyens de déterminer leur mode de vie.

Ce principe de tolérance est une des particularités de la doctrine politique libérale qui ne se voit pas dans aucune autre doctrine politique. Le principe de tolérance libéral est aussi la raison, plutôt évidante, pour laquelle les libéraux défendent ardûment les droits fondamentaux.

Les libéraux possèdent donc une conception atomiste de l'individu. Ils dotent l'individu de la capacité se s'auto-déterminer. Ils lui laissent la totale liberté de croire en se qu'il veut et vivre de la manière qu'il veut. Toutefois, ce mode de vie ne doit pas contraigner la cohésion sociale de la société.

L'État neutre

Selon plusieurs penseurs politiques, le partage de la même conception de la justice garantit la cohésion sociale. Sous un régime libérale, la cohésion sociale repose donc sur les droits fondamentaux qui sont la structure de base de la société.

Les libéraux favorisent donc l'intervention de l'État seulement dans le respect de l'égalité des citoyens, défendus par les droits constitutionnels.

L'État est ainsi, pour les libéraux, un stabilisateur des inégalités offertes par la naissance, et jamais comme un juge de qu'est-ce qui est la vie bonne. Le jamais est cependant critiqué par les communautariens. Ces derniers prétendent qu'un État libéral n'est forcément pas neutre. Parce qu'un État libéral considère forcément bon un mode de vie libéral.

En mettant de côté la critique communautarienne, les libéraux font intervenir en principe l'État seulement quand l'action d'un individu nuit au bien commun de l'ensemble de la population.


La liberté d'expression

Dans une société démocratique, le libéralisme suppose l'existence d'un pluralisme de doctrine incompatible entre elles.

Comme déjà dit, le libéralisme a comme motif de former une struture de base acceptée de tous. Cela dit, la présence de croyances incompatibles entre elles au sein de la société complique les choses. Une structure de base accepté de tous doit donc être compromis de valeurs et de croyances.

C'est pour cela que le libéralisme prône la liberté d'expression. L'état libéral est neutre, mais reconnaît que leur citoyens ne le sont pas. Il encourage donc leurs citoyens de s'exprimer selon leurs croyances profondes afin de leur permettre de former une structure de base accepté par tous. Car il est évidant impossible de réaliser un tel projet sans la connaissance de l'identité profonde des citoyens.

Source d'information :

1- John Rawls "Libéralisme politique" France : Puf, 1955 [Traduction de Catherine Audart].

2- Ronald Dworkin , « Le libéralisme »,  Paris : Presses Universitaires de France , 1985, p. 225-255.

3- John Rawls, "Une théorie de la justice",   Paris : Éditions du Seuil, 1987  [trad. Catherine Audart] , p. 29-78.

4- Isaiah Berlin, " La Liberté et ses traites ", Paris : Édition Payot et Ravages, 2009 (2002), [traduit par Laurent Folliot]

5- Mikaël Garandeau, " Libéralisme ", Paris : Flammarion, 1998, p. 215

6- Will Kymlicka, " Liberalisme, communauty and culture ", Great-Britain : Oxford university press, 1989.




Suggestion de Livres