grec


Définiton de la Connaissance

La définition de la connaissance au sens large du terme peut être simplement résumer ainsi : le fait d'avoir conscience que telle chose existe. Cela dit, la philosophie de la connaissance ou encore l'épistémologie définie la connaissance de manière beaucoup plus fondamentale.

Traditionnellement parlant, les philosophes énumèrent trois conditions essentielles à la connaissance. Cela dit, Edmund Gettier a démontrer, en 1962, que le respecte de ces conditions n'était pas suffisant pour s'assurer qu'il s'agit bel et bien de connaissance.
Les trois conditions à la connaissance sont  la croyance, la vérité et la justification. Ces conditions sont nécessaires au savoir. Personne peut prétendre savoir si au moins une de ces conditions n'est pas respectée. Cela dit, comme Gettier l'a montré, le respect de ces conditions peut être rencontré chez un ignorant, car les prémisses fausses dans une inférence vraie peut conclure à une conclusion vraie. Alors, l'individu qui  croit vraie basée sur une justification sensée peut ne pas connaître. Il peut mal justifier sa connaissance qui s'avère, par hasard, une chose vraie.

Regardons d'abord les conditions de la connaissance une par une. La vérité est la plus facile à comprendre. Personne peut prétendre connaître quelque chose si cette chose est fausse. Je ne peux pas savoir que 1+1=3, car c'est clairement faux.

La croyance est un peu plus difficile à saisir. Il est fondamentalement impossible pour quelqu'un de ne pas croire en quelque chose et le connaître en même temps. Je ne peux pas nier l'existence de ma pensée, car je sais que je pense. Cette maxime reformulée est une référence évidente à Descartes. Les rationalistes, tel que ce dernier, prétendent qu'ils existent des croyances de bases qui n'ont pas besoin de justification, car elles se justifient par elle-mêmes. Cela dit, l'être humain est fondamentalement incapable de toujours s'assurer de la vérité de la chose qui croit connaître. C'est alors toute l'importance de la troisième condition de la connaissance, la justification.   

La connaissance est effectivement un produit de croyance vraie. Cependant, une croyance vraie n'est pas suffisante à la connaissance. Elle a besoin d'une justification, donc d'un raisonnement le plus objectif possible. De l'autre côté, il est absolument impossible de connaître le monde seulement  par le raisonnement. La connaissance est impossible sans les sens(3). Les sens peuvent se tromper sur la qualité des objets, mais jamais inventer un nouvel objet (3). La connaissance est donc produite par la collaboration de l'expérience (nos perceptions) et du raisonnement.

Le raisonnement s'opère sur une relation cause-effet. Cette relation peut être proche ou éloignée ou peut être directe ou collatérale. Toutefois, la connaissance de cette relation ne s'acquière pas seulement par le raisonnement, mais bien pas l'expérience.  Voici le processus.

L'expérience nous met en contact avec les qualités secondaires des objets. Ces qualités sont perceptibles, mais très dépendantes, de nos sens. De l'autre côté, les qualités primaires qui sont le pouvoir (effet) de l'objet dans son                 environnement (en relation avec d'autres objets) sont invariables au sens, mais elles sont régulièrement non perçues par ces derniers.

L'expérience offre la connaissance des qualités primaires et secondaires d'un objet dans un espace-temps précis (4). Les sens identifient d'autres objets qui leur semblent similaires. Le raisonnement conclue que ce genre d'objets possède les mêmes qualités primaires et secondaires que le premier objet étudié. Évidemment, autant les sens et le raisonnement peuvent se tromper. Encore une fois, c'est là l'importance de la justification.

Ce processus d'apprentissage est toutefois très peu familier. Effectivement, l'enfant apprend encore par expérience et raisonnement que le feu brûle ou que les bonbons sont bons. Cela dit, la plupart de notre connaissance provient de la troisième source de connaissances le témoignage. Les deux premières sources étant l'expérience et le raisonnement. 

L'ignorant, celui qui ne connait rien d'un sujet, peut se fier qu'au témoignage de quelqu'un d'autre pour acquérir de la connaissance. Cela dit, l'expérience donne à l'ignorant la connaissance nécessaire pour douter du témoignage des autres par son propre raisonnement. 
       

Source d'information :

1-Bernard Russel, La connaissance humaine, reproduit dans J. Dutant, Qu'est ce que la connaissance ?, Paris : Vrin, 2010, p.69-72. 

2-Université de Genève, Réalisme directe et indirecte, En ligne :http://www.unige.ch/lettres/philo/cours/perception/cours_realisme.html (page consulté le 24 janvier 2015)

3-Julien Dutant, Qu'est-ce que la connaissance?,  Paris : Librairie philosophique J. Vrin, 2010.

4-David Hume, Enquête sur l'entendement humain, Paris : Grenier Flammarion, 1983

5-Thomas Reid, Recherche sur l'entendement humain d'après les principaux sens commun, reproduit dans R. Pouviet, qu'est-ce que croire?, Paris : Vrin, 2003 (1764), p. 71-75
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