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Justice selon John Rawls

La conception de la justice rawlsienne est certainement une des plus importantes théories de la justice du 20e siècle.

Cette conception constituée par le philosophe américain, John Rawls, est une critique directe à l'utilitarisme.En fait, John Rawls prétend lui-même que l'utilitarisme a été la doctrine prédominante dans le monde d'anglo-saxon depuis Hume et Smith (1)

Malheureusement, cette prédominante ne rencontrait seulement une critique maladroite formée par institutionnalisme radical. C'était donc le motif de John Rawls quand il a écrit sa théorie de la justice. Il désirait offrir une alternative à l'utilitarisme dominant.


L'équilibre réfléchi

L'équilibre réfléchi veut trouver un point d'équilibre entre les principes de justice défendus par les philosophes du passé, les valeurs fondamentales des sociétés et des faits sociaux et politiques révélés par les sciences sociales.

Selon John Rawls, une bonne théorie de la justice doit mener aux structures de base des sociétés qui doivent, à leur tour, être harmonisées par des jugements de valeurs bien pesées. C'est à ces principes fondamentaux des sociétés que les philosophes moraux doivent se référer, selon Rawls, pour élaborer leurs théories morales.

Cela étant dit, les Hommes ont une trop grande facilité de se créer des jugements moraux qui seront jugés plus tard comme injustes (ex. esclavage) pour que ces jugements soient assurément justes.  Rawls dit donc que ces jugements moraux, fondatrice des sociétés,  doivent être critiqués avec les principes de la philosophie morale et des faits sociologiques et psychologiques pour trouver un point d'équilibre juste entre les principes universels et les " observations " contextuelles.


Les principes de justice

  La théorie de justice rawlsienne, comme toutes les autres, visent à former une structure de base d'une société juste. Cela dit, elle se distinct des morales téléologiques qui fixent un but sociétal à atteindre. La morale rawlsienne est une éthique déontologie qui impose des règles inviolables à suivre. Ces règles peuvent être dénombrées de trois.

  • Les individus doivent être égaux en dignité :  Rawls critique, ici, l'utilitarisme qui ne fait pas la différence entre les préférences légitimes des individus et celles qui ne le sont pas. Les droits civils, selon Rawls, sont donc une chose définitive et inviolable, même si la majorité ne le veut pas.

  • L'égalité des chances : Cette égalité propose ironiquement des inégalités pour venir en aide au moins fortunés. Cela dit, ces inégalités ne peuvent pas restreindre le reste de la population d'accéder aux mêmes opportunités de vie. Entre choix et circonstance, une société juste vient en aide à ceux désavantagés par les circonstances. Cependant, elle n'aide pas ceux désavantagés par des choix de vie.

  • Un certain niveau de vie (richesse) :  Le statut social le plus bas de la société doit être relativement agréable afin que tous les membres de la société accepte l'ordre des choses.

La position originelle

La théorie de justice rawlsienne s'incorpore dans la tradition contractualisme. C'est-à-dire qu'elle met l'importance du consentement social au premier rang des priorités.

Pour réussir l'obtention le consentement social des règles fondamentales d'une société, ces règles doivent être désirées par tout le monde. Dans la tradition contractualisme, les philosophes s'imaginent une société primitive sans lois, ni d'institution politique.

Chez Rawls, cette expérience de pensée par laquelle le philosophe s'imagine un monde sans contraindre institutionnelle est appelée la position originelle. Par cette réflexion le philosophe met le voile d'ignorance (second concept purement rawlsien) afin d'évaluer les concepts moraux sans influence de ses intérêts personnels.

Cette fameuse position originelle sur laquelle Rawls appuie une grande partie de sa théorie de la justice est la cible favorite des critiques de la morale rawlsienne. 




Source d'information :

1-John Rawls,  Libéralisme Politique , France : presse universitaire de France, 1995 [traduction de Catherine Audart]

2-John Rawls, Une théorie de la justice, Paris : Éditions du Seuil, 1987  [traduction de Catherine Audart]

3-Will Kymlicka, les theories de la justice, France : Boréal, 1999 [traduction de Patrick Savidau]


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